C’est le 15 août.
Je ferme les yeux, me revoyant la fille de dix ans dans le bus qui va à Săcel, ma commune natale, où habitent mes grands-parents.
Nous sommes partis à l'aube de la localité appelée Viseu de Sus. Dans le bus agglomeré il fait très chaud. Sur la Colline Moïsei il y a des serpentes dangereuses. Je suis terrifiée à tous les changements de vitesse ou de direction. Pour me faire du courage je fredonne une chansonette.
Sur la Colline de Moïsei –
de nombreuses serpentes
et une seule voiture
Nous arrivons au sommet de la colline. Je suis contente de n’avoir plus d’émotions. Sur la route, des groupes de gens vont vers la Vallée d’Iza. Ce sont des pèlerins qui ont passé la nuit au monastère de Moïsei et ont participé au service en l'honneur de la Vierge Marie. Dans la tradition locale, le jour du 15 août est triste.
Le bus dépasse un cortège de jeunes. Les filles sont habillées de blanc et les jeunes hommes portent des oriflammes. Le groupe chante un hymne dédié à la Vierge Marie : Les fils de tes larmes.
Je pense que mes cousins sont dans ce groupe. Je vois l’une de mes cousines et je lui fais un signe de la main. Elle me répond en sourirant.
Nous arrivons à l’arrêt et nous descendons. Au bord du chemin il y a beaucoup de villageois qui attendent les pèlerins. Mon père parle avec eux, je leur dis que je suis venu voir mes grands-parents ...
Nous arrivons chez mes grands-parents. Leur maison est en bois avec le toit d’échandoles et de petites fenêtres.
Jour d'été –
dans le noyer près de la maison
crie une pie
La table est dressée sous un vieux pommier. Grand-père apporte de l’eau-de-vie, grand’mère un pot avec des boulettes de viande hachée. Ma mère met sur une assiette plate une tarte aux pommes, la préférée de la famille.
Tous les membres de la famille se réunissent. Les Marie sont félicitées : ma grand’mère, ma mère, ma marraine et plusieures cousines. Pendant ce temps, la cousine Marie que nous avons rencontrée sur la route arrive elle aussi. Elle nous raconte la fête de Moïsei et nous apprend l’hymne qu’ils ont chanté en chemin.
Sur la rive d'Iza
la roue du moulin tourne –
la lune se lève
J’ouvre les yeux. L’émotion est encore vivante aussi bien que le souvenir de nos grands-parents, de nos parents ...
Traducerea în franceză Virginia Popescu
C’est une chaude journée au ciel bleu et clair.
Le ramage des oiseaux –
parmi les feuilles
aucune brise
A l'ombre d'un vieux pommier, grand-mère s’est assoupie sur une chaise longue. La chatte dort sur ses genoux. Grand-père laisse tomber le journal qu’il essaie de lire.
On entend le sifflement du train qui ramène les ouvriers de l'usine. Réveillée, la chatte, se lève et se met à se lécher la fourrure, à se gratter les oreilles.
- L’orage va venir, dit la grand-mère.
- Comment le sais-tu? demande grand-père.
- C’est la chatte qui me le dit.
Grand-père essaye de se remettre à lire, mais il ne trouve plus rien d'intéressant. Il regarde le cerisier du voisin bercé par le vent. Parmi les branches, on voit le ciel. Les nuages portés par le vent l’ont déjà couvert.
- Ta chatte a raison.C’est un orage qui va éclater! Rentrons vite dans la maison!
- Mais où est la chatte?
- Elle s’est cachée quelque part. Nous la retrouverons, peut-être sous le canapé ...
Le martinet vole
de plus en plus bas –
une goutte de pluie
La pluie devient plus forte. Devant la maison les pruniers se balancent sous le vent. Quelques branches se cassent et tombent. Le trottoir est plein de feuilles.
pépiement de moineaux –
traversée d’éclairs
l’averse d’août
En moins d'une heure, le soleil renvoie ses rayons à travers les nuages. Grand-père va nettoyer le trottoir. Grand-mère caresse la chatte.
- Enfants, allons voir s’il a plu aussi sur les champs.
En quelques minutes, la Dacia est devant la porte. Je m’assieds à côté du chauffeur et nous roulons vers la localité de Vinerea.
Sur la route de campagne, bordée de peupliers, quelques mares nous indiquent qu'il a plu également dans ces endroits. Nous nous arrêtons pour enlever une branche sèche tombée à travers le chemin.
Au-dessus de la colline de l'ouest, le soleil se faufile parmi les branches des peupliers.
Pluie d’août -
quelques rayons de soleil
dorent les peupliers
Nous descendons de la voiture et allons dans le champ de maïs. La pluie est venue à temps. L'eau a apaisé la soif de la terre . Les feuilles de maïs bruissent dans le vent. La récolte promet d'être riche cette année.
Nous quittons le champ, mais pas avant de regarder une dernière fois les peupliers au loin.
Après l’orage -
les reflets du crépuscule
sur les feuilles des peupliers
Traducerea în franceză Virginia Popescu
O zi călduroasă, cu cer senin.
Cânt de păsări –
nici o adiere care
să mişte frunze
La umbra unui măr bătrân, în şezlong, moţăie bunica. Pisica doarme la ea în poală. Bunicul scapă ziarul pe care încearcă să-l citească.
Se aude sirena trenului care aduce muncitorii la fabrică. Pisica, deranjată, se ridică şi începe să-şi lingă blăniţa, să se scarpine în urechi...
- Vine furtuna, spune bunica.
- De unde ştii? întreabă bunicul.
- Îmi spune pisica.
Bunicul încearcă să citească, dar nu mai găseşte nimic interesant. Priveşte spre cireşul vecinului. Acesta se leagănă. Printre crengile lui, se vede cerul. Norii mânaţi de vânt acoperă cerul.
- Pisica ta are dreptate. Vine furtuna! Să mergem în casă!
- Unde e pisica?
- S-a adăpostit pe undeva. Poate o găsim sub canapea…
Lăstunul zboară
la mică înălţime –
un strop de ploaie
Ploaia se înteţeşte. Vântul leagănă prunii din faţa casei. Câteva crengi se rup şi cad. Trotuarul e plin de frunze.
Vrăbiile ciripesc –
prin ploaia ce se cerne
câte un fulger
În mai puţin de o oră, soarele îşi trimite razele printre nori. Bunicul iese să cureţe trotuarul. Bunica mângâie pisica.
- Copii, a plouat şi pe câmp? Ar fi bine să mergeţi să vedeţi.
În câteva minute, Dacia e în faţa porţii şi eu ocup locul de lângă şofer. Plecăm la Vinerea.
Pe drumul de ţară străjuit de plopi, câteva bălţi ne spun că a plouat şi acolo. Oprim să dăm o creangă uscată din faţa maşinii.
De deasupra dealului dinspre vest, soarele se strecoară printre crengile plopilor.
Ploaie de august –
câteva raze de soare
poleiesc plopii
Lăsăm maşina în drum şi mergem în lanul de porumb. Ploaia a venit la timp. Apa a potolit setea pământului. Frunzele porumbului dat în pârg foşnesc. Recolta se anunţă bogată.
Părăsim lanul, nu înainte de a mai privi o dată plopii.
După furtună –
lumina amurgului
pe frunze de plop
15 august. Închid ochii şi mă văd copil de zece ani în autobuzul care merge spre Săcel, comuna mea natală şi unde locuiesc bunicii mei.
Am plecat în zori din oraşul Vişeu de Sus, iar în autobuzul aglomerat e cald. Pe Dealul Moiseiului sunt serpentine strânse. Mi-e groază de fiecare schimbare de viteză sau direcţie. Ca să îmi fac curaj, fredonez un cântecel.
Pe deal la Moisei –
multe de serpentine
şi doar o maşină
Ajungem în vârful dealului. Mă bucur că am scăpat de emoţii. Pe lângă drum, grupuri de oameni merg spre Valea Izei. Sunt pelerinii care şi-au petrecut noaptea la Mânăstirea din Moisei şi au participat la slujba ţinută în cinstea Maicii Domnului. În tradiţia localnicilor, 15 august e o zi tristă.
Autobuzul depăşeşte un grup numeros de tineri. Fetele sunt îmbrăcate în alb. Tinerii poartă prapuri, steaguri bisericeşti. Acest grup cântă un imn închinat Fecioarei Maria, imnul Fiii lacrimilor tale.
Bănuiesc că şi verişoarele mele sunt în grup. Pe una dintre ele o zăresc şi îi fac semn cu mâna. Ea îmi răspunde zâmbind.
Ajungem în staţie. Coborâm. Numeroşi săteni sunt în drum şi aşteaptă pelerinii. Tata vorbeşte cu ei, eu le spun că am venit să îmi văd bunicii…
Ajungem la bunici. Ne întâmpină o casă din lemn, cu acoperiş din şindrilă, cu geamuri mici.
Zi de vară –
în nucul de lângă casă
strigă o ţarcă
Masa e pregătită la umbra unui măr bătrân. Bunicul aduce ţuică, bunica aduce oala cu sarmale. Mama aranjează pe o farfurie prăjitura cu măr, preferata familiei.
Încet, încet se adună întreaga familie. Sunt felicitate Mariile: bunica, mama, naşa şi câteva verişoare. Între timp, ajunge şi Maria, verişoara cu care ne-am întâlnit pe drum. Ea ne povesteşte cum a fost la Moisei şi ne învaţă cântecul pe care îl cântau.
Pe malul Izei
roata morii se-nvârteşte –
răsare luna
Deschid ochii. Emoţia persistă. Şi amintirea bunicilor, părinţilor…
À l’aube...
Le long de la véranda,
sautille un pierrot.
Depuis quelques années, aux fêtes, nous rendons visite aux parents. Aujourd’hui, nous allons à Dâncu-Mic. Nous attendons que se lève la brume au-dessus de Mureş.
Le chat noir
épie un moineau.
Aucun nuage au ciel.
Aucune trace sur la neige, mais les arbres à côté du chemin sont chargés de givre.
Nous passons près d’un champ vert. Quelques épouvantails dans les couleurs criardes. La luzerne ensemencée en automne a poussé et les chevreuils cherchent de la nourriture.
Nous entrons dans le village. Nous entendons les grelots de « căluşari » qui vont d’une maison à l’autre. Ils sont attendus avec émotion, particulièrement des jeunes filles.
Un chien aboie
importuné des grelots.
Le soleil là-haut…
Quelques courtes visites... Les vieux se réjouissent de notre rencontre. Nous promettrons de revenir.
Le soleil descend à l’ouest. Il est le temps de partir.
D’un arbre un épervier
regarde par-dessus le champ.
Aucune souris…
Observations :
1. Les « căluşari » sont les danseurs d’une danse traditionnelle roumaine. Son nom vient de la racine roumaine cal (cheval), elle-même dérivée du latin caballus (cheval). Le dans, « Calus », vient d'un rite de fertilité païen et elle est supposée apporter chance, santé et bonheur aux villages dans lesquels elle est dansée.
2. Dâncu-Mic est un village en Transylvanie, Roumanie.
Haibunul a fost publicat în revista Ploc! nr. 14
Quelques feuilles jaunies m’annoncent qu’il s’approche, l’automne.
J’ai la nostalgie du temps ou j’étais étudiante, j’ai la nostalgie de la ville de Cluj. Je décide de partir à l’aube.
Beau temps. Serein. La fraîcheur… Je regarde par la vitre de ma voiture.
De grand matin –
le champ de tournesol
salue le soleil
Près de Mures, il fait brumeux. Je roule prudemment, derrière d’une camionnette blanche.
À Turda, devant le Collège National Mihai Viteazul, une affiche « EXPO-FLORA ». Marchand lentement, j’ai du temps pour observer les châtaigniers. Ils ont des fleurs comme au printemps…
Septembre –
les châtaigniers me redonnent
les souvenirs
De retour chez moi, je traverse le parc. Un banc qui n’est pas occupé sous un tilleul en fleurs. Je m’y assieds en fermant les yeux...
Je me vois à la fin de ma première année d’école. Je vais dans le jardin. Un haut tilleul, au tronc vigoureux se lève près de la grille. Mon père me donne quelques branches et me dit d’en cueillir les fleurs...
Le lendemain, je vais toute seule au jardin, je grimpe sur la grille, dont la base est formée de grosses pierres. Je m'accroche aux barreaux en fer forgé et je m’approche du tronc du tilleul.
Encore un peu et j’arrive entre deux branches où je m’assieds confortablement. J’ai un point d’observation dans un endroit parfumé, très convenable pour faire des projets d’avenir, un endroit où je ne sois pas dérangée dans mes méditations...
J’ouvre les yeux. Je suis seule. Mais l’odeur des fleurs de tilleul me poursuit encore. Et les souvenirs.
Le tilleul de l’enfance
de nouveau en fleurs
torrent de pensées